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Troubles musculo-squelettiques : un défi majeur de prise en charge pour l’officine

Les troubles musculo-squelettiques figurent parmi les problèmes de santé chroniques les plus fréquents en Belgique. Bien qu’ils soient rarement mortels, ils entraînent une charge de morbidité importante en raison de douleurs persistantes, de limitations fonctionnelles et d’un impact négatif sur la qualité de vie. Pour les pharmaciens, cela implique un rôle essentiel dans la détection précoce, l’accompagnement des patients et l’usage rationnel des médicaments.

Chantal De Boevere - 27 février 2026

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La prévalence augmente fortement avec l’âge. Parmi les personnes de plus de 75 ans, 24 % ont déclaré souffrir de lombalgie, 13 % de cervicalgie et 44 % d’arthrose. Ces chiffres montrent que les plaintes musculo-squelettiques sont particulièrement fréquentes chez les patients âgés - une population également très représentée à l’officine.

Après correction pour l’âge, il apparaît que les femmes rapportent plus souvent des troubles musculo-squelettiques que les hommes. Pour les pharmaciens, cela signifie que les patientes - surtout dans les groupes d’âge moyen et avancé - présentent un risque accru de plaintes musculo-squelettiques chroniques et ont donc plus souvent besoin d’un accompagnement.

Impact sur l’observance thérapeutique et la comorbidité

Les troubles musculo-squelettiques s’accompagnent souvent de douleurs chroniques et de limitations de la mobilité. Cela a plusieurs implications, notamment une utilisation accrue d’antalgiques et d’AINS, un risque de polymédication chez les personnes âgées, un risque accru d’effets indésirables (troubles gastro-intestinaux, risques cardiovasculaires, atteintes de la fonction rénale), ainsi qu’un impact négatif sur l’observance thérapeutique dans d’autres affections chroniques.

En outre, les troubles musculo-squelettiques augmentent le risque de développer d’autres problèmes de santé chroniques, et peuvent contribuer à des troubles psychiques tels que la tristesse ou des symptômes dépressifs.

Pour le pharmacien, les problèmes musculo-squelettiques constituent un domaine central des soins de première ligne.

Le rôle du pharmacien

Compte tenu de la prévalence élevée et du caractère chronique de ces affections, le pharmacien peut jouer un rôle important dans l’accompagnement des patients et le bon usage des antalgiques. Il convient d’être vigilant face à une utilisation excessive ou prolongée des AINS et de détecter à temps les interactions et les contre-indications. Le pharmacien peut également informer le patient sur les mesures non médicamenteuses (activité physique, contrôle du poids, ergonomie) et l’orienter vers le médecin généraliste en présence de signes d’alarme.

Les troubles musculo-squelettiques ne constituent peut-être pas une priorité en termes de mortalité, mais ils le sont en termes de morbidité et d’impact sur la qualité de vie. Pour le pharmacien, ils représentent dès lors un domaine central des soins de première ligne.

>> Sciensano. Maladies non transmissibles : Affections musculosquelettiques, Health Status Report, 15 décembre 2022, Bruxelles, Belgique.

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