PremiumSoins pharmaceutiques

Dossier

La lombalgie touche un Belge sur cinq

Au cours des douze derniers mois, un Belge sur cinq a souffert de lombalgie. Dans la plupart des cas, il s’agit de lombalgie non spécifique : aucune cause médicale claire ne peut être identifiée. Les plaintes résultent souvent d’un déséquilibre entre les muscles, les articulations et les ligaments du bas du dos. Ce n’est que dans moins de 1 % des cas qu’il s’agit d’une affection spécifique telle qu’une hernie, une infection ou une fracture vertébrale.

Chantal De Boevere - 27 février 2026

Le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) a publié une recommandation clinique pour la prise en charge de la lombalgie aiguë et chronique. Celle-ci met la « démédicalisation » au centre : la lombalgie guérit généralement spontanément. Le recours, inutile, à l’imagerie médicale est déconseillé, et les patients sont encouragés à rester actifs.

pijn

Plaintes typiques et signaux d’alarme

La lombalgie se situe entre les dernières côtes et le pli fessier et peut irradier vers les fesses ou les cuisses. Les plaintes varient d’une douleur sourde à une douleur aiguë, souvent accompagnée de raideur après une position assise ou couchée prolongée. Se pencher, se tourner ou se redresser peut être difficile.

Il existe toutefois des signaux d’alarme. En cas de perte de force musculaire, d’engourdissement au niveau du périnée ou de troubles du contrôle urinaire, un avis médical immédiat est nécessaire. De tels symptômes peuvent indiquer une cause sous-jacente plus grave.

Dans un nombre limité de cas, la lombalgie cache une affection sévère, telle qu’une fracture, une tumeur ou une maladie inflammatoire. Les médecins sont formés à reconnaître à temps ces « red flags ».

En cas de douleur radiculaire, mieux connue sous le nom de sciatique, une racine nerveuse est irritée au niveau de la colonne vertébrale. Bien que la douleur puisse être plus intense et irradier vers la jambe, la prise en charge de base reste en grande partie la même : rassurer le patient et encourager le maintien de l’activité. Ce n’est qu’en cas de perte de force musculaire manifeste qu’un renvoi du médecin généraliste vers un spécialiste, tel qu’un neurochirurgien ou un chirurgien orthopédique, est généralement envisagé.

L’autosoin comme point de départ

Selon les recommandations, la lombalgie est, dans la plupart des cas, bénigne et auto-limitée. Le cœur du traitement consiste à rester actif et à éviter une médicalisation excessive.

Il est conseillé aux patients de poursuivre autant que possible leurs activités quotidiennes. Le mouvement favorise la récupération et prévient la raideur. Les exercices d’étirement et le renforcement des muscles profonds (core stability) peuvent renforcer la musculature du tronc et améliorer la posture. Des adaptations ergonomiques sur le lieu de travail - siège adapté et hauteur de table correcte - jouent également un rôle important.

Le cœur du traitement consiste à rester actif et à éviter une médicalisation excessive.

Risque de douleur chronique

Ces dernières années, on a mieux compris que la lombalgie est une affection dite bio-psycho-sociale: à côté des facteurs physiques, des éléments psychologiques et sociaux jouent également un rôle.

Chez un petit groupe de patients, la douleur évolue vers un problème chronique. Des facteurs tels que l’anxiété, le pessimisme, la conviction qu’il existe une atteinte grave, ou des tensions au travail augmentent le risque de plaintes prolongées. Ces patients peuvent se retrouver dans un cercle vicieux où douleur, inquiétude et inactivité se renforcent mutuellement.

Les soignants sont donc encouragés à évaluer précocement le risque de chronicisation. En cas de risque accru, l’approche de base est complétée par un accompagnement plus intensif. Celui-ci peut inclure la kinésithérapie, la thérapie manuelle, un soutien psychologique ou un programme de réadaptation multidisciplinaire. Si nécessaire, des mesures ergonomiques ou sociales sont également intégrées au plan de traitement.

La reprise du travail comme objectif

Un principe important de la recommandation est d’encourager un retour rapide à l’activité. La reprise du travail - interprétée au sens large comme la reprise des activités professionnelles ou quotidiennes - constitue, dès le premier jour, un objectif du traitement. Selon le KCE, le maintien d’une activité contribue non seulement à la récupération physique, mais réduit également le risque d’incapacité prolongée et de plaintes chroniques.

>> Rapport 287 du KCE 

Wat heb je nodig

Accès GRATUIT à l'article
ou
Faites un essai gratuit!Devenez un partenaire premium gratuit pendant un mois
et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • newsletter hebdomadaire avec des nouvelles de votre secteur
  • l'accès numérique à 35 revues spécialisées et à des aperçus du secteur financier
  • Vos messages sur une sélection de sites web spécialisés
  • une visibilité maximale pour votre entreprise
Vous êtes déjà abonné? 

Partagez votre histoire (d'actualité)

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles

Articles connexes

Sans la voix du patient, même une bonne recherche reste à moitié aveugle

Une revue publiée dans The Lancet Rheumatology tend un miroir aux chercheurs : ceux qui n’impliquent les patients experts qu’à la fin, voire pas du tout, passent à côté d’opportunités de rendre les études plus pertinentes, plus réalisables et plus utiles en pratique clinique.

Encore trop d’utilisateurs chroniques d’opioïdes

Hors soins palliatifs et traitements contre le cancer, le nombre d’utilisateurs chroniques d’opioïdes prescrits par un médecin en Belgique reste élevé, malgré une baisse observée entre 2018 et 2023.

Pénurie de rhumatologues : il faut au moins 25 candidats spécialistes par an

Le cheptel de rhumatologues doit être maintenu à 200-250 en Belgique faute de quoi on devrait faire face à une pénurie et donc à des files d'attente, explique le Pr Bernard Lauwerys, past president de la Société royale belge de rhumatologie et chef du Service de rhumatologie aux Cliniques Saint-Luc de Bruxelles. En matière d'arthrose aiguë, il faut déjà attendre entre trois et six mois pour avoir un rendez-vous. Afin qu'au moins 20 et 25 étudiants se destinent chaque année à cette spécialité, les solutions sont relativement simples : convaincre les jeunes qu'il s'agit d'une médecine sexy qui soigne aussi les jeunes patients, qu'il y a des décisions thérapeutiques passionnantes à la clé et surtout que l'étudiant en médecine interne et même lors du tronc commun soit davantage mis en contact avec un rhumatologue. Pour ce faire, les quotas en médecine interne doivent être adaptés pour les étudiants motivés.

Des nouvelles à partager ?

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles
Magazine imprimé

Édition Récente
20 mars 2026

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine