De l’acné à l’impétigo
Avec la rentrée scolaire, plusieurs affections dermatologiques reviennent plus fréquemment au premier plan. Certains problèmes cutanés sont contagieux et se transmettent plus facilement en raison des contacts rapprochés à l’école, tandis que d’autres sont déclenchés ou aggravés par la chaleur, la transpiration, les activités sportives ou des changements dans les soins quotidiens de la peau.
Face à des plaintes dermatologiques à la rentrée, il est essentiel de distinguer une affection bénigne et spontanément résolutive, un problème pouvant être pris en charge en automédication et une situation nécessitant un avis médical. À l’officine, quelques questions sont particulièrement utiles pour orienter la prise en charge : depuis combien de temps les lésions sont-elles présentes ? À quelle vitesse s’étendent-elles ? Provoquent-elles des démangeaisons ou des douleurs ? Y a-t-il de la fièvre ou d’autres symptômes généraux ? D’autres membres de la famille ou camarades de classe sont-ils touchés ? Et quels traitements ont déjà été essayés ?
Acné : traiter tôt pour prévenir les cicatrices
L’acné vulgaire est une affection inflammatoire chronique du follicule pilo-sébacé, très fréquente à l’adolescence. Sa pathogenèse repose sur plusieurs mécanismes : une production accrue de sébum, une hyperkératinisation folliculaire, la colonisation par Cutibacterium acnes et l’inflammation. Le tableau clinique va des comédons ouverts ou fermés aux papules, pustules, nodules et kystes.
Le traitement est adapté au type et à la sévérité des lésions. Les traitements locaux non antibiotiques constituent la base de la prise en charge. Le peroxyde de benzoyle, les rétinoïdes topiques et l’acide azélaïque figurent parmi les principales options. Le CBIP indique que le peroxyde de benzoyle à 5 % entraîne moins de risque d’irritation que la formulation à 10 %, pour une efficacité comparable. Les rétinoïdes locaux sont également efficaces, mais peuvent provoquer, surtout en début de traitement, irritation, sécheresse cutanée et photosensibilité.
En raison du risque de résistance antimicrobienne, les antibiotiques ne sont pas recommandés en monothérapie. Lorsqu’un antibiotique local ou systémique est nécessaire, il doit être associé à un traitement local non antibiotique.
Chez les adolescents, l’accompagnement doit accorder une attention particulière à l’observance et à la gestion des attentes. L’amélioration n’est pas immédiate et les traitements locaux peuvent initialement irriter la peau. Un nettoyage agressif ou visant à dessécher la peau est contre-productif. Le CBIP recommande ainsi de se laver le visage au maximum deux fois par jour avec un produit sans savon, au pH neutre ou légèrement acide, et d’éviter les produits irritants contenant notamment de l’alcool. Une évaluation médicale est indiquée en cas d’acné nodulaire ou kystique, de formation de cicatrices, de réponse insuffisante à un traitement local correctement suivi ou de retentissement psychosocial important.
Eczéma atopique : la barrière cutanée au centre de la prise en charge
L’eczéma atopique est une affection cutanée inflammatoire chronique qui apparaît souvent dès le plus jeune âge. Une altération de la barrière épidermique et un dérèglement du système immunitaire jouent un rôle central. La sécheresse cutanée et les démangeaisons sont caractéristiques. Le grattage endommage davantage la barrière cutanée et peut ainsi entretenir le classique cercle vicieux démangeaisons-grattage.
Le traitement de base repose sur des soins cutanés réguliers avec des émollients, y compris lorsque l’eczéma est peu actif. Lors des poussées, les corticostéroïdes locaux constituent l’un des piliers du traitement. Le choix de leur puissance dépend notamment de l’âge, de la localisation et de la sévérité des lésions.
En tant que pharmacien, il est important de vérifier si les corticostéroïdes locaux prescrits sont effectivement utilisés. La corticophobie des parents peut entraîner un sous-traitement et favoriser la persistance de l’inflammation. Des explications précises sur la zone d’application, la fréquence, la quantité et la durée du traitement peuvent améliorer l’observance. Une aggravation brutale et importante de l’eczéma, accompagnée de douleurs, de lésions suintantes, de pustules ou de croûtes marquées, peut évoquer une infection secondaire et nécessite une évaluation complémentaire.
« Eczéma : restaurez la barrière cutanée et traitez suffisamment l’inflammation. »
Impétigo : petite lésion, grande contagiosité
L’impétigo est une infection bactérienne superficielle de la peau, principalement causée par Staphylococcus aureus et, dans une moindre mesure, par Streptococcus pyogenes. Il touche surtout les jeunes enfants et se transmet facilement par contact cutané direct, mais aussi via les mains ou des objets contaminés. Il se manifeste typiquement par de petites vésicules ou pustules superficielles qui se rompent et évoluent vers des érosions recouvertes de croûtes jaune miel caractéristiques, souvent autour du nez et de la bouche, mais aussi sur d’autres parties du corps.
Outre un éventuel traitement médicamenteux, les mesures d’hygiène sont importantes : se laver régulièrement les mains, éviter de se gratter, garder les ongles courts et ne pas partager les serviettes ni les gants de toilette. L’enfant doit autant que possible éviter de toucher les lésions.
Des lésions étendues, une progression rapide, des signes généraux, des infections récidivantes ou une suspicion de complication nécessitent une évaluation médicale. Le bon usage des antibiotiques est également essentiel : les antibiotiques locaux ou systémiques ne doivent pas être utilisés sans indication.
Verrues et molluscum : un traitement n’est pas toujours nécessaire
Les verrucae vulgares, ou verrues vulgaires, sont provoquées par le papillomavirus humain (HPV). Les mains, les doigts, les genoux et la plante des pieds sont des localisations typiques. La contamination se fait par contact direct ou indirect et est favorisée par de petites lésions cutanées. Les piscines et les vestiaires constituent donc des environnements classiques de transmission. Chez les enfants immunocompétents, de nombreuses verrues finissent par disparaître spontanément. Lorsqu’un traitement est souhaité en raison de douleurs, d’une gêne ou de leur localisation, les traitements kératolytiques à base d’acide salicylique font partie des options classiques. Une application régulière pendant une période prolongée est généralement nécessaire.
Le molluscum contagiosum, en revanche, est provoqué par un poxvirus. Les petites papules lisses typiques, présentant une dépression centrale, sont fréquentes chez l’enfant et disparaissent le plus souvent spontanément. Une attitude attentiste est donc souvent justifiée. Chez les enfants atteints d’eczéma atopique, les molluscums peuvent être plus nombreux et provoquer une inflammation de la peau environnante. En cas de lésions atypiques, très étendues ou persistantes, ou en cas de doute diagnostique, une orientation vers un médecin est indiquée.
« Infections fongiques : associez le traitement à des mesures contre l’humidité et la recontamination. »
Infections fongiques : penser au sport et aux vestiaires
Avec la reprise des cours de natation et des sports en salle, les infections fongiques superficielles reviennent également au premier plan. Le tinea pedis, ou pied d’athlète, se manifeste souvent par une desquamation, une macération et des fissures entre les orteils, parfois accompagnées de démangeaisons ou d’une sensation de brûlure. La chaleur, l’humidité et le port de chaussures occlusives favorisent l’infection.
Outre un traitement antifongique local, les mesures préventives sont importantes : bien sécher les pieds, en particulier entre les orteils, changer de chaussettes chaque jour, laisser sécher les chaussures et porter de préférence des sandales dans les douches et vestiaires collectifs.
Toute desquamation du pied n’est toutefois pas nécessairement liée à une infection fongique. L’eczéma, la dermatite de contact et le psoriasis peuvent donner un tableau similaire. En cas d’atteinte étendue, d’atteinte des ongles, de récidives fréquentes ou de réponse insuffisante à un traitement correctement suivi, des examens diagnostiques complémentaires sont indiqués.