Chaque petit geste compte
Après trois vagues de chaleur et une température moyenne record, l’été 2026 laisse peu de place au doute quant à la direction dans laquelle évolue notre climat. Les incendies de plus en plus fréquents et violents, du sud de l’Espagne aux Hautes Fagnes, et même jusqu’en Écosse, en sont un symptôme. La propagation d’infections transmises par les moustiques, comme l’infection à virus du Nil occidental, illustre également la manière dont le réchauffement climatique fait apparaître de nouveaux risques sanitaires en Europe.
Mais cet été, ce sont surtout les nombreux décès supplémentaires survenus pendant les périodes de forte chaleur qui n’ont pu passer inaperçus. Peut-être y a-t-il également eu des victimes parmi vos patients, dans votre famille ou dans votre cercle d’amis.
Le problème climatique est d’une telle ampleur que l’on a souvent le sentiment qu’un individu ne peut avoir aucune influence sur celui-ci. Lorsqu’une personne agit, ce n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan. Il faut sortir de ce fatalisme. En pharmacie aussi, il est possible de prendre des initiatives afin de faire évoluer la politique climatique et environnementale.
« Du pain sur la planche pour plusieurs acteurs des soins de santé ! »
Dans notre pays, des efforts importants sont déjà déployés pour collecter les médicaments dont la date de péremption est dépassée ou qui ne sont plus pris par le patient. En France, on souhaite aller encore un peu plus loin. Nos voisins du sud ont lancé un plan visant à prolonger la durée de conservation des médicaments. Combien de fois, en effet, des médicaments conservés dans une pharmacie familiale ne dépassent-ils pas la date de péremption indiquée sur le produit ? Quatorze entreprises, pour un total de 73 médicaments, participent au projet pilote en France. Elles souhaitent déterminer si la durée de conservation autorisée peut être prolongée sur la base des données de stabilité, afin de lutter contre le gaspillage de médicaments tout en réduisant leur impact sur l’environnement.
Cette mesure va-t-elle résoudre le problème climatique ? Bien sûr que non. Mais elle peut apporter une (petite) contribution à la réduction de l’impact des activités humaines sur le changement climatique. Associée à d’autres mesures, son impact devient toutefois plus important.
L’interview de Loïc Delpature est également intéressante. Il appelle à faire preuve de compréhension envers les patients qui donnent ou revendent des médicaments inutilisés, mais dont la date de péremption n’est pas encore dépassée. D’un point de vue médical, il ne s’agit certainement pas d’un exemple à suivre, mais cette pratique met en lumière un autre problème. Les médecins prescrivent-ils parfois des quantités trop importantes de médicaments ? Le secteur pharmaceutique ne devrait-il pas réfléchir à la commercialisation de médicaments dans des quantités conformes aux recommandations ? Un problème également soulevé par Michael Storme, président de l’APB, lorsqu’est évoquée la délivrance à l’unité des antibiotiques. Si une recommandation prévoit 21 doses, mais que seuls des conditionnements de 30 sont disponibles, c’est le système lui-même qui génère des médicaments excédentaires.
Du pain sur la planche pour plusieurs acteurs des soins de santé !