British Medical Journal
Les agonistes du GLP-1 en prévention des troubles liés à l’usage d’alcool et de drogues ?
Une étude parue dans le BMJ suggère que le recours aux agonistes du GLP-1 pourrait réduire le risque de troubles liés à l’usage d’alcool et autres drogues chez des personnes sans antécédent, ainsi que celui d’événements cliniques chez les personnes avec antécédent.
À partir d’une population de base de 606.434 vétérans américains (via le Département des vétérans des États-Unis) atteints de diabète de type 2, une équipe de chercheurs a essayé de savoir si l’initiation d’agonistes du récepteur du glucagon-like peptide-1 (GLP-1) pouvait être associée à une réduction du risque d’apparition de troubles liés à l’usage d’alcool, de cannabis, de cocaïne, de nicotine, d’opioïdes et d’autres substances (« SUDs ») chez des personnes sans antécédent (= protocole 1 dans l’étude), ainsi qu’à une réduction du risque d’événements cliniques indésirables liés aux SUDs chez des personnes présentant déjà un SUD (= protocole 2).
Par « événements cliniques liés aux SUDs », on entend : visites aux services d’urgence, hospitalisations, surdoses médicamenteuses, l’idéation suicidaire ou tentative de suicide et mortalité.
Les résultats viennent d'être publiés dans le British Medical Journal.
Versus inhibiteurs du SGLT-2
Les participants ont été assignés à l’un des deux protocoles et suivis pendant une durée pouvant aller jusqu’à trois ans. L’essai 1 du protocole 1 comprenait 524.817 initiateurs d’agonistes du GLP-1 ou d’inhibiteurs du SGLT-2 (gliflozines). Le protocole 2 comprenait 81.617 initiateurs d’agonistes du GLP-1 et d’inhibiteurs du SGLT-2.
Comparativement à l’initiation des inhibiteurs du SGLT-2, l’initiation des agonistes du GLP-1 (sémaglutide, liraglutide, lixisénatide, dulaglutide et tirzépatide) était associée à une réduction du risque de troubles liés à l’usage d’alcool et des autres substances.
Chez les personnes présentant déjà des SUDs, l’initiation des agonistes du GLP-1 était associée à une réduction du risque de visites aux services d’urgence (0,69 (0,61 à 0,78), NRD −8,92 (−11,59 à −6,25)), d’hospitalisations (0,74 (0,65 à 0,85), NRD −6,23 (−8,73 à −3,74)), de surdose médicamenteuse (0,61 (0,42 à 0,88), NRD −1,49 (−2,43 à −0,55)) et d’idéation suicidaire ou de tentative de suicide (0,75 (0,67 à 0,83), NRD −9,95 (−13,14 à −6,77)) et de mortalité (0,50 (0,32 à 0,79), NRD −1,52 (−2,32 à −0,72)).
« L’utilisation des agonistes du récepteur du GLP-1 était systématiquement associée à une réduction du risque de développer divers SUD incidents, suggérant un effet préventif large couvrant plusieurs types de substances », avancent les chercheurs. « L’utilisation était également associée à une réduction du risque d’issues cliniques indésirables chez les personnes présentant des SUD préexistants. Ces données observationnelles suggèrent un rôle potentiel des agonistes du récepteur du GLP-1 à la fois dans la prévention et dans le traitement de divers SUD, ce qui justifie des évaluations supplémentaires. »
Référence
Miao Cai et al, Glucagon-like peptide-1 receptor agonists and risk of substance use disorders among US veterans with type 2 diabetes: cohort study, BMJ 2026; 392 doi: https://doi.org/10.1136/bmj-2025-086886