En cas de maladie, d'accident, de soins...
Mandat de protection: +10% en Wallonie
Bien que toujours beaucoup plus populaire au nord qu'au sud du pays, le mandat de protection a la cote, ces dernières années, en Wallonie, avec une croissance, l'an dernier de +10,3% (+13% à Bruxelles), selon les derniers chiffres de la Fédération du notariat.
L'an dernier, quelque 138.619 mandats de protection ont été conclus en Belgique (à 90% en Flandre), soit une augmentation de 12,94% (le double de 2021). C'est ce qui ressort des chiffres de la Fédération du notariat (Fednot).
Qu'est-ce encore que le mandat de protection? Une formalité qui permet de désigner une personne pour gérer ses affaires financières et personnelles si on n’est plus en mesure de le faire soi-même suite à une pathologie, un accident... L'outil permet également de planifier des soins.
"De plus en plus de personnes se rendent chez le notaire pour prendre des dispositions à l'avance concernant leur patrimoine et la planification de leurs soins", explique le porte-parole de notaire.be, Sylvain Bavier.
"En Wallonie, nous accusons toujours un retard par rapport à la Flandre, mais en cinq ans, nous constatons une progression notable : +49,40% à Bruxelles et +83,39% en Wallonie." Il semble que les citoyens sont de mieux en mieux informés sur le mandat de protection.
Le Hainaut en tête
Côté wallon, quelque 9.452 mandats de protection ont été conclus. La province du Hainaut elle la seule à avoir dépassé la barre des 3.000 mandats.
"C’est dans le Hainaut que l’on enregistre le plus de mandats de protection chaque année", constate Sylvain Bavier. "C’est l’une des plus grandes provinces wallonnes et la plus peuplée. Cela a donc une certaine logique. D’une façon générale, on constate aujourd’hui un intérêt de plus en plus marqué pour la gestion d’une certaine incapacité."
Légère baisse des plus de 70 ans
En Wallonie, ce sont principalement les plus de 70 ans qui optent pour un mandat de protection: près de trois quarts des signataires. Un chiffre légèrement inférieur à celui de 2024. La part des 60 à 69 ans augmente : elle est passée de 16,8% en 2024 à 18,3% en 2025. Les 50 à 59 ans représentent 6%.
"Il est important de sensibiliser toutes les catégories d’âge", conseille Sylvain Bavier. "On ne sait pas ce que les aléas de la vie nous réservent. Regardez, par exemple, la période de la pandémie du covid qui a affecté toutes les tranches d’âge."
Un outil de soins
Le notaire doit vérifier si le client comprend ce qu'il décide: "En cas de doute, nous demandons un certificat médical. Il s'agit toujours de la situation réelle : une personne atteinte d'un début de démence est souvent encore capable de gérer ses affaires, mais c'est un signal clair qu'il faut agir", rappelle le porte-parole.
C'est moins connu, mais un mandat de protection peut aussi servir d'instrument de planification des soins: "Vous pouvez indiquer à l'avance dans quelle maison de repos ou de soins vous souhaitez aller en fonction de vos souhaits et de votre budget. En Wallonie et à Bruxelles, on parle de 'mandat de protection extra-judiciaire', mais en Flandre, zorgvolmacht signifie 'procuration de soins' », conclut Sylvain Bavier.